DESIGN : QUELQUES RÉVISIONS

Souvent, quand on présente notre activité, on nous répond chaise en S ou canapé Le Corbusier. C’est en général l’une des premières choses qui nous vient à l’esprit lorsque l’on parle de design. Seulement il serait un peu réducteur d’en rester là, car depuis une quinzaine d’années,  la notion issue du design industriel a progressivement évolué vers de nouveaux champs. Voici une révision générale de l’évolution sémantique du terme “Design” !

Les débuts du design numérique

Depuis l’avènement du numérique, dans les années 1990, les méthodologies initiales de perception du produit ont fait naître un nuage de nouveaux métiers portés par les nouvelles technologies : design d’interface, architecte de l’information, design multimédia…

A l’heure du web, des logiciels et des systèmes de communication, on ne parle plus d’utile ou de beau, mais on réfléchit à la fonctionnalité, à la forme des services et des systèmes ; à travers des moyens technologiques.

Le designer devient passeur 

Face à la mutation des pratiques et usages de la société de l’information et de la communication numérique des années 2000, le rôle du designer prend une place croissante dans les processus d’innovation.

On le qualifie de passeur, car il utilise sa démarche d’analyse sensible et sa force créative pour faire le lien entre la culture technique et les questions humaine, culturelle et économique soulevées par les innovations.

C’est en poursuivant ce rôle de passeur, que naît logiquement le design d’interaction (IxD)  en 2007. La discipline s’applique à rechercher la solution d’interface la plus proche des besoins et des objectifs de l’usager. Sur ces principes, le designer s’appuie sur une démarche itérative visant à créer un dialogue entre un usage et un produit.

Le concept Look & Feel est un des concepts les plus représentatifs de cette démarche : la conception d’un produit ou d’un service est abordée selon quatre questions :
– ce que cela fait
– ce que l’on voit
– ce que l’on ressent
– la manière dont on l’utilise

Désormais, le designer est capable d’imaginer, de scénariser et de représenter les usages et les pratiques possibles d’un produit ou d’un service.

Le designer se focalise sur le comportement des personnes

A partir de 2010, le designer adopte une approche centrée sur l’utilisateur, dans toutes ses composantes ; c’est-à-dire qu’il ne le considère plus seulement comme un consommateur ou un client. Aux côtés du marketing, il s’intéresse aux modèles cognitifs et mentaux, et met l’accent sur les phases préalables d’immersion et d’observation telles que l’audit des besoins et des compétences, les interviews et les recherches utilisateurs (ethnographiques, comparatives, benchmark).

Dans ce contexte apparaissent le design d’expérience et le design de service (UX pour User experience), deux nouvelles approches axées sur la qualité de l’expérience vécue lors de l’usage d’un service ou d’un produit (qui n’est pas forcément technologique). L’UX touche aussi bien à l’ergonomie ou à l’architecture de l’information qu’à la stratégie de contenu. Elle participe ainsi au design des interfaces : guichets automatiques des banques, bornes SNCF, pass Navigo…

A l’heure actuelle, le design est donc devenu une discipline de management et de stratégie. Son approche sensible et globale est consubstantielle aux processus d’innovation car elle cherche à fédérer les personnels et les compétences autours de problématiques complexes et à ainsi inscrire la création dans la pérennité et la rentabilité.

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